Par Stéphane Cagnon · le 8 octobre 2026

« Il faudrait juste agrandir le code client. » Qui accepterait de promettre un délai sur cette seule phrase ?

C’est souvent ainsi que démarre une évolution sur IBM i : une demande courte, formulée par le métier, qui arrive sur le bureau du DSI avec une échéance déjà en tête.

Dans cet article, je me place au moment précis où il faut s’engager. Trois demandes familières me servent de fil rouge : changer un taux de TVA, agrandir un code client, ouvrir une fonction au web. À chaque fois, la même exigence : expliquer le périmètre, montrer ce qui le justifie et réunir autour de lui les personnes qui portent la décision.

Ce qu’il faut retenir

  • 1

    Une demande « simple » n’a de simple que sa formulation : sans visibilité sur les dépendances, l’estimation bouge parce que le périmètre se précise trop tard.

  • 2

    DISCOVER fonctionne comme une carte : métier, expert IBM i et DSI lisent la même vue, chacun à son niveau de zoom.

  • 3

    Une carte calculée, pas devinée : le référentiel est déterministe.

Le budget dépend du périmètre

Le mot « juste » décrit la demande. Il ne mesure pas ses conséquences. Une zone peut traverser la commande, la facture et les échanges avec d’autres applications.

Prenons un cas concret. La finance demande de passer un taux de TVA de 10 % à 12 %. On retrouve la table des taux, le changement semble anodin. Puis une question tombe : la facture du mois dernier, rééditée, garde-t-elle son montant ? Et l’avoir qui lui correspond ? Tout dépend des règles métier réellement exécutées : ce que l’application conserve, ce qu’elle recalcule, et à quel moment.

Sur IBM i, les applications portent des années, souvent des décennies, de décisions métier. Cette richesse est un actif considérable, mais difficile à mobiliser :

  • son explication repose sur quelques personnes clés ;

  • la documentation est dispersée, partielle ou obsolète ;

  • le temps file à reconstruire le contexte avant de pouvoir agir.

Résultat : une dépendance apparaît, puis une autre, et l’estimation glisse. Alors posez-vous la question : à quel moment préférez-vous découvrir une dépendance, avant le devis ou après l’engagement ?

C’est exactement le besoin auquel répond DISCOVER : rendre visible ce qui est concerné avant de figer l’engagement. Pour le DSI, la valeur est immédiate : des éléments concrets pour justifier budget et délais, et moins d’angles morts.

Une même carte pour décider ensemble

DISCOVER fonctionne comme une carte géographique de votre patrimoine applicatif. Devant une carte, chacun peut se situer, la lire et y retrouver ce qui le concerne. On la regarde à l’échelle d’un pays pour saisir les grands ensembles, puis on zoome sur une région, une ville, une rue. La carte reste la même ; seul le niveau de lecture change.

Appliquée à une application IBM i, cette métaphore change la nature des réunions de cadrage :

  • le métier exprime le besoin et le résultat attendu ;

  • l’expert IBM i montre les dépendances et vérifie les relations ;

  • le DSI arbitre, sur une vue commune.

Tous regardent la même carte. On explore une piste, on revient en arrière, on ajuste la vue selon la question posée. Le décideur participe sans lire une ligne de RPG ; l’expert conserve toute la profondeur technique dont il a besoin.

Le passage d’un niveau à l’autre se fait sans rupture. Tout en haut, la cartographie fonctionnelle montre les grands domaines (gestion des clients, des articles, des paramètres…) et, en rouge, leurs interactions. Au niveau intermédiaire, les diagrammes de composants et le modèle de données révèlent fichiers, programmes et liens. Au niveau le plus fin, le diagramme de code expose la logique d’un programme. Une question locale se replace toujours dans le patrimoine, sans perdre le chemin qui ramène aux éléments techniques.

Même lorsqu’un référentiel existe déjà, cette expérience fait la différence. Une information prend une autre valeur quand une équipe peut la parcourir, la contester et s’accorder sur ce qu’elle montre.

Trois demandes, une même démarche

Changer un taux de TVA : suivre la règle et la donnée

Filtrez le référentiel des procédures sur la TVA : DISCOVER fait apparaître la procédure qui récupère le taux, reliée à son module, à son programme de service et à tous les programmes qui l’appellent. Le nom technique importe peu. Ce qui compte, c’est la relation révélée : plusieurs traitements s’appuient sur un même point, et le DSI comprend enfin pourquoi l’étude dépasse le composant initial.

Le data lineage complète l’analyse. Depuis le fichier de détail des commandes, une zone écran ou une édition, vous voyez d’où vient et où va chaque valeur, calcul après calcul, jusqu’à la règle de gestion d’origine. Pour la direction financière, l’enjeu est clair : savoir quels calculs et quels usages examiner avant de changer la règle.

Agrandir le code client : cadrer et chiffrer

Cette fois, la demande est bloquante : 99 999 clients, la limite des 5 chiffres est atteinte, le service commercial ne peut plus créer de client. DISCOVER part du fichier CUSTOMER et de son identifiant, déroule les relations vers l’historique et les commandes, puis vers les composants liés. Le périmètre prend forme.

Tout ce qui est lié ne sera pas forcément modifié. Les composants impactés se regroupent par familles (données, accès, traitements, interfaces, SQL) et l’équipe qualifie chaque impact : à modifier, à vérifier ou à tester. C’est la base d’un chiffrage argumenté et d’une répartition claire du travail.

Ouvrir une fonction au web : retrouver les règles avant de transformer

Un écran 5250 est souvent l’entrée d’un processus qui contrôle les données, attribue un identifiant et alimente d’autres traitements. Où se trouve le contrôle de doublon ? Quel traitement valide la création ? DISCOVER localise cette logique. Vous choisissez alors ce qu’il faut réutiliser, par exemple via une exposition en web service, avant de construire l’interface moderne.

Les autres capacités clés

  • Navigation visuelle et non linéaire : zoom, focus sur un composant, vue 3D, chaîne d’appel jusqu’à l’écran.

  • Diagrammes de code et comparaison graphique de versions, pour l’expert.

  • Assistant en langage naturel : interrogez votre application, par exemple « trouver tous les chemins qui mènent au composant CUSTOMER », et la question devient un diagramme à explorer.

  • Documentation des règles métier générée par IA, à relire et valider par l’équipe.

  • Diagrammes nommés et enregistrés, réutilisables dans une documentation de projet exportée vers Confluence ou en Markdown.

Le déterminisme : une carte sur laquelle s’appuyer

Une carte n’a de valeur que si elle est exacte. Pour qu’elle serve à décider, il faut savoir sur quoi elle repose. C’est là que DISCOVER se distingue : ses relations sont calculées, pas devinées.

Le référentiel est construit à partir de l’analyse des sources et des objets IBM i. Chaque relation affichée repose sur cette analyse, jamais sur une supposition. Quatre garanties en découlent :

  • Provenance connue : on sait de quels sources et objets proviennent les informations.

  • Relations calculées : zones, procédures et dépendances sont établies par analyse.

  • Analyse reproductible : mêmes entrées, mêmes paramètres, mêmes relations.

  • Actualité vérifiable : le périmètre couvert et le rafraîchissement sont connus ; le référentiel n’est pas une copie figée mais le reflet de la production.

Concrètement, la même question donne toujours la même réponse. Aucun modèle de langage ne réinterprète la carte à chaque consultation. C’est essentiel quand vous engagez un budget, justifiez un délai devant une direction ou répartissez des vérifications dans une équipe : chacun doit retrouver demain ce qu’il a vu aujourd’hui.

L’IA a bien sûr sa place dans DISCOVER, mais dans un rôle clairement délimité. Quand l’assistant reçoit une question en langage naturel, il la traduit ; il n’invente pas la réponse. Les chemins qu’il affiche sont ceux du référentiel calculé. De même, la cartographie fonctionnelle combine un algorithme déterministe (la méthode de Louvain, qui repère les groupes d’éléments fortement liés) et l’IA pour nommer ces ensembles. Quant à la documentation générée, elle constitue un point de départ solide que la relecture humaine transforme en référence.

Plus l’IA accélère, plus la maîtrise compte

Les modèles d’intelligence artificielle progressent très vite, et la cadence de sortie des grands modèles de langage s’est fortement accélérée en 2026. Il faut utiliser ces capacités : les LLM aident à analyser, à proposer et à produire plus vite.

Mais cette accélération déplace le goulot d’étranglement. Si une évolution peut être proposée en quelques minutes, la vraie question devient : comment l’équipe comprend-elle ses conséquences sur l’application ? DSI, métier et expert doivent toujours pouvoir examiner le périmètre, suivre une dépendance et discuter de ce qui doit être préservé. Plus on produit de changements, plus on a besoin de les comprendre et de les valider ensemble.

C’est pourquoi plus l’IA accélérera, plus les studios spécialisés comme DISCOVER deviendront indispensables. Un assistant conversationnel généraliste répond à une question à la fois, de manière linéaire. Un studio spécialisé offre ce qu’une conversation ne peut pas offrir :

  • Comprendre ensemble : DISCOVER donne une vue partagée, claire et non linéaire ; on change de niveau et on suit son raisonnement sans transformer chaque déplacement en nouvelle question.

  • Éclairer la décision : un référentiel calculé et déterministe permet d’examiner les impacts en toute confiance.

Ma conviction tient en une phrase : plus nous accélérons notre capacité à agir, plus nous avons intérêt à rendre notre compréhension du système explicite et partageable. Utilisons la puissance de l’IA, et donnons à l’équipe la carte qui lui permet d’en maîtriser les effets.

Moins de contexte à reconstruire, plus de temps pour agir

Combien de vos missions commencent par : « Qui connaît cette partie de l’application ? » Dans quatre situations courantes, la compréhension du patrimoine conditionne le démarrage du travail.

Situation Ce qu’elle exige Ce que Discover apporte
Maintenance Retrouver le traitement concerné Un accès direct aux relations et au code
Modernisation Cadrer les dépendances avant de transformer Un périmètre argumenté et chiffrable
Optimisation Orienter l’étude, puis mesurer Une vue des chemins et des usages réels
Transmission Donner un point de reprise Une documentation métier générée et validée

Le bénéfice se mesure concrètement : sur le délai de cadrage, sur le nombre de dépendances découvertes avant le chiffrage, ou sur la capacité d’un collègue à reprendre une analyse.

Et la feuille de route va au-delà d’IBM i : références croisées avec Java et d’autres systèmes, ouverture aux bases externes (PostgreSQL, Oracle, MySQL…) et, à terme, extension envisagée aux mainframes IBM Z sous z/OS. L’objectif : une cartographie commune pour des applications de plus en plus hybrides.

Et votre prochaine demande ?

« Il faudrait juste agrandir le code client. » Avec DISCOVER, votre première réponse change : demander à voir les données liées et les traitements concernés, réunir les bonnes personnes devant la même carte, et discuter des vérifications avant de vous engager.

Demandez une démonstration en apportant une demande réelle : nous vous aiderons à rendre son périmètre visible.

stephane cagnon

À propos de l’auteur

Stéphane Cagnon

Senior Solution Architect, ARCAD Software

Fort de ses 28 ans d’expérience dans le monde IBM i, Stéphane a commencé sa carrière en tant qu’ingénieur d’étude. Aujourd’hui Senior Solution Architect, Stéphane vous donne les clés pour une transition DevSecOps réussie et pour une modernisation de votre IBM i adaptée à vos besoins.