Par Philippe Magne | 15 Juillet 2019

Nous entrons dans une ère où ces systèmes sont en train d’authentiquement se sanctuariser sous l’effet de plusieurs phénomènes concomitants :

L’explosion du volume des données : C’est dans ce domaine que l’on peut constater que tous les gestionnaires de bases de données ne sont pas au même niveau. Les SGBD « anciens » tels DB2 ou Oracle ont fait leurs preuves alors que pour les plus récents comme Maria DB ou Mongo DB tout reste encore à prouver. On est bien là encore dans une gestion de risque. C’est ici la principale raison qui fait que les entreprises gardent leurs systèmes Legacy. C’est le cas du monde Mainframe, en dépit, contrairement à l’IBM i, d’un coût d’exploitation exorbitant.

Le volume de code : les milliards de lignes de code développées depuis ces trente voire cinquante dernières années qu’il devient quasi impossible de remplacer. D’ailleurs, quel est vraiment l’intérêt ? qu’il soit réduit au fil du temps pour réduire la dette technique et remplacer certaines briques périphériques par des applicatifs plus moderne s’envisage plus facilement qu’un big bang radical. Là encore, c’est le management du risque qui drive cette démarche.

La criticité des applications : migrer un système vers un autre représente de tels risques qu’ils en deviennent quasi rédhibitoires. Le secteur bancaire en est probablement le meilleur exemple. La plupart des entreprises portent dans leur SI ce genre d’application, anciennes certes, mais vitales pour le fonctionnement du business de l’entreprise. Cette criticité impose la mise en place d’une gestion des risques spécifique. Obsolescence des technologies, rareté des ressources compétentes, tels sont les points fondamentaux.

Avantage concurrentiel : un grand nombre d’entreprises ont développé depuis de nombreuses années leur applicatifs en fonction de leur modèle de business propre et des besoins métiers. Ces applicatifs constituent un véritable avantage compétitif. Ces fonctions spécifiques ne sont pas supportées en standard par les ERP du marché, et nécessitent des développements adhoc énormes, et dans la plupart des cas impossibles. L’implémentation d’un ERP représente alors une perte de compétitivité significative et dangereuse.

1. Assurer la pérennité d’un système Legacy

Même si une technologie ou une plateforme apparait de prime abord « exotique » dans une infrastructure globale, ce n’est certainement pas sous l’angle de l’uniformisation globale qu’il faut résonner. C’est le meilleur moyen pour rentrer dans un immense effet tunnel duquel il sera difficile de s’extirper. Considérer la pérennité d’un système d’information est un exercice difficile car il s’agit de prendre en compte un nombre important de paramètres : pérennité de la plateforme, pérennité de l’écosystème, capacité à se fondre dans les orientations stratégiques globales.

2. Pérennité de la plateforme IBM i

Classifiée dans cette catégorie de « système legacy », la plateforme IBM i subit des assauts permanents depuis plus de 20 ans maintenant. C’est IBM lui-même qui a entamé la démarche lors de la sortie de ses plateformes RS6000 sous Unix. C’était même à l’époque les mêmes commerciaux qui allaient vanter la valeur ajoutée du monde Unix en tant que futur « standard de facto ». Est ensuite venu Microsoft qui a tenté de fédérer un certain nombre d’acteurs proposant des s